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Dagon : texte intégral, résumé et analyse

Lisez Dagon de Lovecraft en entier dans une traduction française inédite, puis le résumé, l'analyse et le contexte de la nouvelle.

1917AnnéeDagonTitre originalThe Vagrant, 1919Première publicationMythe de Cthulhu (précurseur)Cycle≈ 2 300 motsLongueur10 minTemps de lectureInédite, par JulienTraduction
Commencer la lecturePar Julien · publié le 3 décembre 2024 · mis à jour le 24 septembre 2026 · 16 min de lecture

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Écrite à l'été 1917, Dagon est la première nouvelle de la maturité de H. P. Lovecraft. En quelques pages fiévreuses, le reclus de Providence pose déjà tout ce qui fera sa légende : un narrateur brisé, des abysses qui remontent à la surface et la révélation que l'humanité n'est qu'un accident sur une planète qui ne lui a jamais appartenu.

Dagon : le texte intégral

Traduction française inédite de Julien pour L'Antre de Cthulhu, d'après le texte original anglais, dans le domaine public. Le résumé et l'analyse suivent le texte.

J’écris ces lignes sous une tension mentale considérable, car cette nuit je ne serai plus. Sans un sou, et au bout de ma provision de la drogue qui seule rend l’existence supportable, je ne puis endurer la torture davantage : je vais me jeter de cette fenêtre de mansarde dans la rue sordide, en bas. N’allez pas conclure de mon esclavage à la morphine que je suis un faible ou un dégénéré. Quand vous aurez lu ces pages griffonnées à la hâte, vous devinerez peut-être — sans jamais le comprendre pleinement — pourquoi il me faut l’oubli, ou la mort.

Ce fut dans l’une des régions les plus ouvertes et les moins fréquentées du Pacifique que le paquebot dont j’étais subrécargue tomba victime du corsaire allemand. La grande guerre n’en était alors qu’à ses débuts, et la marine ennemie n’avait pas encore atteint le degré d’impitoyabilité qui fut le sien par la suite ; si bien que notre navire fut déclaré de bonne prise, tandis que nous, membres de l’équipage, étions traités avec toute l’équité et tous les égards dus à des prisonniers de guerre. La discipline de nos geôliers était si libérale, en vérité, que cinq jours après notre capture je parvins à m’échapper seul dans une petite embarcation, avec de l’eau et des vivres pour un temps appréciable.

Quand je me retrouvai enfin à la dérive et libre, je n’avais qu’une idée bien vague de l’endroit où j’étais. N’ayant jamais été un navigateur compétent, je ne pouvais que conjecturer, d’après le soleil et les étoiles, que je me trouvais quelque peu au sud de l’équateur. De la longitude, je ne savais rien, et nulle île, nul rivage n’était en vue. Le temps demeura clément, et pendant des jours que je ne comptai pas je dérivai sans but sous un soleil brûlant, attendant soit le passage d’un navire, soit d’être jeté sur les côtes de quelque terre habitable. Mais ni navire ni terre n’apparurent, et je commençai à désespérer, seul sur les immensités houleuses d’un bleu sans rupture.

Le changement survint pendant mon sommeil. Je n’en connaîtrai jamais le détail ; car mon assoupissement, quoique troublé et infesté de rêves, fut continu. Lorsque je m’éveillai enfin, ce fut pour me découvrir à demi enfoncé dans une étendue visqueuse de fange noire et infernale, qui s’étalait autour de moi en ondulations monotones aussi loin que portait le regard, et où mon canot gisait échoué à quelque distance.

On imaginerait volontiers que ma première sensation eût été l’émerveillement devant une transformation de décor si prodigieuse et si inattendue ; en réalité, j’éprouvai plus d’horreur que d’étonnement, car il y avait dans l’air et dans ce sol en putréfaction une qualité sinistre qui me glaça jusqu’aux moelles. La contrée était putride de carcasses de poissons en décomposition, et d’autres choses moins descriptibles que je voyais émerger de la boue immonde de cette plaine sans fin. Peut-être ne devrais-je pas espérer rendre par de simples mots la hideur indicible qui peut habiter le silence absolu et l’immensité stérile. Rien ne s’entendait, et rien ne se voyait qu’une vaste étendue de limon noir ; et pourtant la complétude même de cette immobilité, l’homogénéité de ce paysage m’oppressaient d’une peur nauséeuse.

Le soleil flamboyait dans un ciel qui me parut presque noir à force de cruauté sans nuages, comme s’il eût reflété le marécage d’encre sous mes pieds. En rampant jusqu’au canot échoué, je compris qu’une seule théorie pouvait expliquer ma situation. Par quelque soulèvement volcanique sans précédent, une portion du plancher océanique avait dû être projetée à la surface, exposant des régions demeurées cachées, durant d’innombrables millions d’années, sous des profondeurs d’eau insondables. L’étendue de cette terre nouvelle surgie sous moi était si grande que je ne parvenais à percevoir le moindre bruit de l’océan déferlant, si fort que je tendisse l’oreille. Nul oiseau de mer, non plus, ne venait s’abattre sur les choses mortes.

Pendant plusieurs heures je restai assis à réfléchir, ou à ruminer, dans le canot couché sur le flanc, qui m’offrait un peu d’ombre à mesure que le soleil traversait le ciel. Comme la journée avançait, le sol perdit un peu de sa viscosité et parut devoir sécher assez vite pour permettre la marche. Cette nuit-là je dormis peu, et le lendemain je me confectionnai un paquetage de vivres et d’eau, en prévision d’un voyage par voie de terre à la recherche de la mer disparue et d’un sauvetage possible.

Le troisième matin, je trouvai le sol assez sec pour y marcher sans peine. L’odeur du poisson était à rendre fou ; mais j’étais trop occupé de choses plus graves pour m’arrêter à un si mince désagrément, et je partis résolument vers un but inconnu. Tout le jour je progressai vers l’ouest, guidé par un mamelon lointain qui s’élevait plus haut que toute autre éminence de ce désert onduleux. Cette nuit-là je campai ; et le jour suivant je marchai encore vers le mamelon, quoique cet objet ne parût guère plus proche que lorsque je l’avais aperçu pour la première fois. Au quatrième soir, j’atteignis la base du tertre, qui se révéla bien plus haut qu’il n’avait paru de loin, une vallée intermédiaire le détachant en relief plus net du niveau général. Trop las pour en faire l’ascension, je dormis dans l’ombre de la colline.

J’ignore pourquoi mes rêves furent si déchaînés cette nuit-là ; mais avant que la lune décroissante et fantastiquement gibbeuse se fût élevée bien haut au-dessus de la plaine orientale, je m’éveillai en sueur froide, résolu à ne plus dormir. De telles visions, je n’aurais pu les endurer une seconde fois. Et dans la clarté de la lune, je vis combien j’avais été malavisé de voyager de jour. Sans l’éclat du soleil desséchant, ma marche m’eût coûté moins d’énergie ; à présent, je me sentais tout à fait capable d’accomplir l’escalade qui m’avait rebuté au coucher du soleil. Ramassant mon paquetage, je partis vers la crête de l’éminence.

J’ai dit que la monotonie ininterrompue de la plaine ondulante était pour moi une source d’horreur diffuse ; mais je crois que mon horreur fut plus grande encore lorsque, parvenu au sommet du tertre, je plongeai le regard de l’autre côté, dans une fosse ou un canyon incommensurable dont la lune n’était pas encore montée assez haut pour éclairer les replis noirs. Je me sentis au bord du monde, penché par-dessus la margelle sur un chaos insondable de nuit éternelle. À travers ma terreur passaient de curieuses réminiscences du Paradis perdu, et de l’hideuse escalade de Satan à travers les royaumes informes des ténèbres.

À mesure que la lune montait dans le ciel, je commençai à voir que les pentes de la vallée n’étaient pas tout à fait aussi verticales que je l’avais imaginé. Des corniches et des saillies de roche offraient des prises assez commodes pour une descente ; et, après une chute de quelques centaines de pieds, la déclivité devenait très douce. Poussé par une impulsion que je ne saurais analyser avec précision, je dégringolai non sans peine parmi les rochers et me tins sur la pente plus douce, en contrebas, les yeux fixés sur ces profondeurs stygiennes où nulle lumière n’avait encore pénétré.

Tout à coup, mon attention fut captée par un objet vaste et singulier sur le versant opposé, qui s’élevait abruptement à une centaine de mètres devant moi : un objet qui luisait, blanchâtre, sous les rayons nouvellement dispensés de la lune ascendante. Que ce ne fût qu’un gigantesque bloc de pierre, je m’en assurai bientôt ; mais j’eus la nette impression que son contour et sa position n’étaient pas entièrement l’ouvrage de la Nature. Un examen plus attentif m’emplit de sensations que je ne saurais exprimer ; car, malgré sa magnitude énorme et son emplacement dans un abîme béant au fond de la mer depuis la jeunesse du monde, je perçus sans doute possible que cet étrange objet était un monolithe bien taillé, dont la masse imposante avait connu le travail — et peut-être le culte — de créatures vivantes et pensantes.

Hébété et terrifié, non sans un certain frisson de plaisir de savant ou d’archéologue, j’examinai les alentours de plus près. La lune, désormais proche du zénith, brillait, étrange et vive, au-dessus des escarpements qui enserraient le gouffre, et révélait qu’une vaste nappe d’eau coulait au fond, se perdant de vue dans les deux directions, et venant presque me lécher les pieds là où je me tenais sur la pente.

De l’autre côté du gouffre, les vaguelettes baignaient la base du monolithe cyclopéen, sur la surface duquel je pouvais maintenant distinguer à la fois des inscriptions et des sculptures grossières. L’écriture relevait d’un système de hiéroglyphes qui m’était inconnu, et ne ressemblait à rien de ce que j’avais jamais vu dans les livres : elle consistait pour l’essentiel en symboles aquatiques stylisés — poissons, anguilles, poulpes, crustacés, mollusques, baleines et autres. Plusieurs caractères représentaient à l’évidence des choses marines inconnues du monde moderne, mais dont j’avais observé les formes en décomposition sur la plaine sortie de l’océan.

Ce fut toutefois la gravure figurée qui me retint le plus sous son charme. Parfaitement visibles par-delà l’eau qui nous séparait, en raison de leur taille énorme, s’étalaient des bas-reliefs dont les sujets eussent excité l’envie d’un Doré. Je crois que ces choses étaient censées représenter des hommes — du moins une certaine sorte d’hommes ; encore que les créatures fussent montrées s’ébattant comme des poissons dans les eaux de quelque grotte marine, ou rendant hommage à quelque sanctuaire monolithique qui paraissait immergé lui aussi. De leurs visages et de leurs formes, je n’ose parler en détail ; car le seul souvenir m’en donne des défaillances. Grotesques au-delà de l’imagination d’un Poe ou d’un Bulwer, elles étaient damnablement humaines dans leur silhouette générale, en dépit de mains et de pieds palmés, de lèvres d’une largeur et d’une flaccidité choquantes, d’yeux vitreux et protubérants, et d’autres traits qu’il m’est moins agréable encore de rappeler. Chose curieuse, elles semblaient avoir été ciselées dans une proportion tout à fait fausse par rapport au décor ; car l’une des créatures était figurée en train de tuer une baleine à peine plus grande qu’elle-même.

Je remarquai, dis-je, leur caractère grotesque et leur taille étrange ; mais je décidai au bout d’un instant qu’il ne s’agissait que des dieux imaginaires de quelque tribu primitive de pêcheurs ou de marins, une tribu dont le dernier descendant avait péri des ères avant que ne naquît le premier ancêtre de l’homme de Piltdown ou de Néandertal. Saisi de crainte révérencielle devant cette échappée inespérée sur un passé qui dépasse la conception de l’anthropologue le plus audacieux, je restai songeur, tandis que la lune jetait d’étranges reflets sur le chenal silencieux devant moi.

Et soudain, je le vis. Avec à peine un léger bouillonnement pour marquer sa montée vers la surface, la chose glissa dans mon champ de vision au-dessus des eaux sombres. Immense, polyphémesque et répugnante, elle s’élança comme un prodigieux monstre de cauchemar vers le monolithe, autour duquel elle jeta ses bras gigantesques et écailleux, tandis qu’elle inclinait sa tête hideuse et donnait libre cours à certains sons mesurés. Je crois que je devins fou à cet instant.

De ma remontée frénétique de la pente et de la falaise, de mon retour délirant vers le canot échoué, je ne me rappelle presque rien. Je crois avoir beaucoup chanté, et ri bizarrement quand je ne pouvais plus chanter. J’ai le souvenir confus d’une grande tempête quelque temps après avoir rejoint l’embarcation ; en tout cas, je sais que j’entendis des coups de tonnerre et d’autres accents que la Nature ne profère que dans ses humeurs les plus déchaînées.

Quand je sortis des ténèbres, j’étais dans un hôpital de San Francisco, où m’avait fait conduire le capitaine du navire américain qui avait recueilli mon canot en pleine mer. Dans mon délire, j’avais beaucoup parlé, mais je constatai que mes propos n’avaient guère retenu l’attention. D’un quelconque soulèvement de terres dans le Pacifique, mes sauveteurs ne savaient rien ; et je ne jugeai pas nécessaire d’insister sur une chose que je les savais incapables de croire. Une fois, j’allai trouver un ethnologue célèbre, et l’amusai par de singulières questions touchant l’antique légende philistine de Dagon, le Dieu-Poisson ; mais m’apercevant bientôt qu’il était désespérément conventionnel, je ne poussai pas plus loin mes recherches.

C’est la nuit, surtout quand la lune est gibbeuse et décroissante, que je vois la chose. J’ai essayé la morphine ; mais la drogue ne m’a procuré qu’un répit passager, et m’a entraîné dans ses griffes en esclave sans espoir. Aussi vais-je maintenant en finir, après avoir rédigé un compte rendu complet pour l’information — ou l’amusement méprisant — de mes semblables. Souvent je me demande si tout cela n’aurait pas pu n’être qu’un pur fantasme, un simple caprice de la fièvre, tandis que je gisais, frappé de soleil et délirant, dans le canot ouvert, après mon évasion du navire de guerre allemand.

Je me le demande ; mais toujours se dresse devant moi, en réponse, une vision d’une hideuse netteté. Je ne puis songer à la haute mer sans frissonner à l’idée des choses sans nom qui, à cette minute même, rampent et se vautrent peut-être sur son lit visqueux, adorant leurs antiques idoles de pierre et sculptant leurs propres effigies détestables sur des obélisques sous-marins de granit gorgé d’eau. Je rêve d’un jour où elles pourraient s’élever au-dessus des flots pour entraîner dans leurs serres fétides les restes d’une humanité chétive et épuisée par la guerre ; d’un jour où la terre s’enfoncera, et où le sombre plancher de l’océan montera au milieu d’un pandémonium universel.

La fin est proche. J’entends un bruit à la porte, comme d’un corps immense et gluant qui pèse contre elle. Elle ne me trouvera pas. Dieu, cette main ! La fenêtre ! La fenêtre !

Texte original anglais de H. P. Lovecraft (The Vagrant, novembre 1919 ; repris dans Weird Tales, octobre 1923), aujourd’hui dans le domaine public. Traduction française inédite réalisée par Julien pour L’Antre de Cthulhu.

Résumé de Dagon

Attention, spoilers. Le résumé ci-dessous dévoile la fin de la nouvelle.

Le récit prend la forme d'une confession. Le narrateur, à court de morphine et décidé à en finir, couche sur le papier ce qui lui est arrivé pendant la Grande Guerre. Subrécargue sur un navire marchand capturé par un corsaire allemand dans le Pacifique, il parvient à s'échapper à bord d'un canot et dérive plusieurs jours sous un soleil implacable.

Un matin, il s'éveille échoué sur une immense étendue de boue noire, grouillante de poissons pourris : une portion du fond océanique a été soulevée par quelque convulsion volcanique. Après des jours de marche, il atteint un gouffre au bord duquel se dresse un monolithe couvert de hiéroglyphes et de bas-reliefs figurant des êtres mi-hommes, mi-poissons. C'est alors qu'une créature gigantesque émerge des eaux sombres et vient étreindre le monolithe.

Le narrateur s'enfuit, sombre dans le délire et se réveille dans un hôpital de San Francisco. Personne ne croit à son récit. Hanté par ce qu'il a vu, il termine sa confession alors qu'une présence semble se glisser jusqu'à sa fenêtre…

Analyse et thèmes

L'effroi d'un monde plus ancien que l'homme

Le véritable choc de Dagon n'est pas la créature, qui n'apparaît qu'un instant, mais ce qu'elle implique : une civilisation non humaine a prospéré au fond des mers et y prospère peut-être encore. C'est la première expression, chez Lovecraft, de ce qu'on appellera le cosmicisme : l'humanité n'occupe ni le centre ni le sommet de l'univers. Le narrateur redoute le jour où ces êtres « se lèveront » pour réclamer une terre qui fut la leur, idée qui annonce directement Cthulhu et sa cité engloutie.

Le témoin qu'on ne croit pas

Lovecraft met en place un dispositif qu'il réutilisera sans cesse : un témoin isolé, fragilisé (ici par la drogue), dont le récit ne peut être vérifié. Le doute sur sa santé mentale, loin d'affaiblir l'horreur, la renforce : le lecteur ne sait jamais s'il assiste à une révélation ou à une hallucination.

Le paysage comme personnage

La plaine de vase noire, silencieuse et putride, est l'une des grandes réussites descriptives de Lovecraft. L'horreur naît d'abord de l'espace, de l'immensité et du silence, bien avant l'apparition du monstre. Le texte original parle d'une étendue « of slimy black mire » : tout le malaise tient déjà dans ces quelques mots.

La place de Dagon dans l'œuvre de Lovecraft

Dagon est souvent considérée comme la pierre de fondation de ce qu'on nommera plus tard le mythe de Cthulhu. Le nom du dieu philistin reviendra en 1931 dans Le Cauchemar d'Innsmouth, où le culte de « Père Dagon » unit les habitants d'un port de Nouvelle-Angleterre aux Profonds, ces hybrides amphibies dont la nouvelle de 1917 offrait un premier aperçu. Entre les deux textes, L'Appel de Cthulhu (1926) reprendra le motif de la terre surgie des flots.

Pour qui veut découvrir Lovecraft chronologiquement, c'est un excellent point de départ : notre guide de l'ordre de lecture la place d'ailleurs parmi les toutes premières étapes.

Contexte d'écriture et de publication

En 1917, Lovecraft a 26 ans et n'a presque plus écrit de fiction depuis l'adolescence. Ce sont ses amis du journalisme amateur, en particulier W. Paul Cook, qui l'encouragent à reprendre la plume. Il rédige coup sur coup La Tombe et Dagon durant l'été. Cette dernière paraît en novembre 1919 dans The Vagrant, une revue amateur dirigée par Cook, puis est reprise en octobre 1923 dans Weird Tales, où elle marque les débuts professionnels de l'auteur.

Anecdotes

  • Le cri final du narrateur, « The hand! The window! », a été maintes fois parodié : il résume à lui seul le goût de Lovecraft pour les chutes en forme d'exclamation.
  • Le contexte de la Première Guerre mondiale n'est pas anodin : Lovecraft avait tenté de s'engager en 1917 avant d'être réformé.
  • Critiqué dans la presse amateur, Lovecraft répliqua en 1921 par un essai, In Defence of Dagon, où il défend sa conception du récit fantastique.
  • Le film Dagon de Stuart Gordon (2001) emprunte son titre à la nouvelle mais adapte en réalité Le Cauchemar d'Innsmouth.

Où lire cette nouvelle

Dagon figure dans toutes les grandes anthologies françaises de Lovecraft. Les traductions récentes, plus fidèles au rythme de la VO, sont à privilégier. Pour les anglophones, le texte original de Dagon est librement consultable.

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Si vous avez aimé Dagon

Questions fréquentes

Dagon fait-elle partie du mythe de Cthulhu ?

Pas au sens strict, puisque Cthulhu n'y apparaît pas, mais elle en est le précurseur direct : divinité marine, civilisation préhumaine, terre engloutie. La plupart des spécialistes la rattachent au cycle.

Qui est Dagon ?

À l'origine, une divinité des Philistins mentionnée dans la Bible. Lovecraft en fait le dieu des Profonds, les créatures amphibies qui reviendront dans Le Cauchemar d'Innsmouth.

Combien de temps faut-il pour lire Dagon ?

Environ dix minutes : c'est l'une des nouvelles les plus courtes et les plus accessibles de Lovecraft, idéale pour une première rencontre.

Julien, Gardien de l'Antre

40 ans, lecteur de Lovecraft depuis mes 20 ans, rôliste depuis 10 ans. L'Appel de Cthulhu reste l'un de mes jeux de rôle préférés.

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